C’est ainsi que je définirai les loisirs partagés avec ma fille ce mois d’Août passé. La Terre par la visite de sites préhistoriques nombreux dans l’Ariège toute proche, la Lune depuis Toulouse par la Cité de l’Espace …
Ce programme estival a commencé par la redécouverte de la grotte du Mas d’Azil. J’avais gardé le souvenir d’une route longeant la rivière Arize surplombée par une énorme voûte rocheuse. Des décennies après j’ai éprouvé la même stupeur face à la magnitude des lieux. En levant les yeux pour scruter cette architecture naturelle refluent en moi quelques souvenirs d’école qui m’éclairent sur l’âge du site en piémont pyrénéen : ère tertiaire, 50 millions d’années en arrière et le creusement de la grotte par la rivière érodant le calcaire 2 millions d’années ! L’Homme n’est pas loin…Il sera d’abord Homo Habilis, puis Homo Erectus avant de devenir il y a 300 000 ans environ Homo Sapiens…et laissera ses traces dans des grottes comme celle-ci il y a 40 000 ans. En Préhistoire le Mas d’Azil témoigne des cultures du Paléolithique Supérieur sur une période de 30 000 ans .
L’entrée de la visite de la grotte est très pédagogique offrant au visiteur une fresque animée sur les différents hôtes à l’extérieur ou à l’intérieur des lieux : mammouths, ours, aurochs, bisons, bouquetins, chevaux…et hommes préhistoriques, cueilleurs-chasseurs profitant de cet abri naturel tout au long de dizaines de milliers d’années.
Entrée et sortie du site Mas d'Azil
Bien sûr dans cette évocation nulle trace de dinosaures et autres monstres démesurés, toutes ces espèces apparues à l’ère secondaire, au jurassique, il y a 200 millions d’années et qui firent l’objet d’une extinction de masse après l’impact d’une météorite il y a 65 millions d’années ! Il y avait eu un choc antérieur, 300 millions d’années avant qui avait amené la disparition de 70% des vertébrés et 95% des poissons alors présents. L’histoire de la terre est loin d’être un long fleuve tranquille ! et je passe sous silence les périodes de glaciation alternant avec celles de réchauffement…
Le site du Mas d’Azil ne s’ouvre pas à tous les visiteurs car bon nombre de ses galeries sont inaccessibles au tout venant. Néanmoins le parcours proposé permet une rencontre frontale avec la préhistoire et les entrailles géologiques…Les galeries étroites débouchent sur de grandes salles-cavernes pouvant servir d’illustration au roman de Jules Verne « Voyage au centre de la terre ». Elles portent des noms évocateurs : la Rotonde, la Salle du Temple, la galerie du Masque …Les éclairages amènent le regard sur tel recoin où repose un crâne d’ours des cavernes, une molaire de mammouth, les restes d’un rhinocéros et surgissant de l’ombre les hologrammes des découvreurs du site fin XIX° et début XX° siècles et même celui d’une jeune magdalénienne âgée de 16 000 ans, vêtue de peau de bêtes, parée de breloques, parlant une langue perdue , image reconstituée à partir de son crâne retrouvé dans la Salle Rouge de la grotte et exposé au Musée de la Préhistoire dans la commune du Mas d’Azil .
Hologrammes dans la grotte- Crâne magdalenien dans le Musée du Mas d'Azil
La richesse des collections du musée est le fruit de recherches et fouilles archéologiques commencées au XIX° siècle et poursuivies au XX °. Impossible d’ignorer après la visite les diverses cultures qui ont marqué la grotte de leur empreinte et savoir-faire :
-Aurignacien avec ses pierres taillées tranchantes et os gravés de motifs géométriques
-Solutréen et ses productions lithiques minces, taillées en pointe, parfaites pour l’usage de harpons
-Magdalénien qui témoigne des activités des chasseurs par les nombreux propulseurs trouvés dans la grotte et finement ouvragés à l’instar de gravures sur os ou bois de gibier
-Azilien à la fin de la dernière période glaciaire avec une surabondance de galets ornés de points ou barrettes rouges, nouvelle production artistique dont la signification reste inconnue
Propulseur, gravures auroch, humains,galets aziliens,coquillages pour parures
Ma fille et moi musardons de vitrine en vitrine en admirant les ornementations délicates gravées ou sculptées sur des objets du quotidien servant à la chasse comme ce propulseur surnommé « Faon aux oiseaux » à la facture gracieuse. La finition de la petite sculpture animalière qui le surmonte me laisse rêveuse : 16 000 ans nous séparent et sa beauté est indemne…et que dire de la fraîcheur expressive du petit faon ? Que restera-il de l’Art Contemporain ne fusse qu’à la fin de ce siècle ? D’ores et déjà pour moi trop d’ œuvres actuelles n’ont ni fraîcheur ni beauté !
Propulseur "Le faon aux oiseaux" et détail - Chronologie
En remontant le temps, par une journée d’Août caniculaire, l’excursion suivante nous amène à Aurignac. Il y a là un musée de la Préhistoire inauguré il y a une dizaine d’années, qui présente cet été une exposition centrée sur le Mammouth. En fait nous sommes impatientes d’aller découvrir au bout d’un parcours fléché, les abris naturels à flanc de roche fréquentés par les Sapiens durant plus de 10 000 ans. En parcourant le sentier qui longe la petite rivière d’Aurignac, je me plais à imaginer que des humains, il y a 40 000 ans, suivaient une piste semblable en revenant sans doute de la chasse puisque le gibier abondait en cette fin d’ère glaciaire. Peut-être traînaient-ils la carcasse d’un renne ou d’un bison ? Avaient-ils soigneusement évité la tanière d’un ours ou la charge d’un mammouth laineux ?
C’est en 1852 que l’histoire de ce site commence, lorsqu’un ouvrier découvre par hasard des ossements dans une cavité proche du bourg d’Aurignac. Quelques années plus tard, le géologue et paléontologue Édouard Lartet entreprend d’explorer le site. En observant les outils en silex, les os taillés et les restes d’animaux fossiles, il comprend qu’il s’agit d’un témoignage d’une époque très ancienne, contemporaine des grands mammifères disparus comme le mammouth ou le rhinocéros laineux. Lartet nomme alors cette culture « Aurignacienne », en hommage au lieu de sa découverte.
Sous un soleil de plomb après être restées sur le seuil des abris le temps d’une photo nous marchons vers la bâtisse moderne du musée. Le lieu propose un parcours très pédagogique qui permet de découvrir toute la richesse de ses collections dont les pièces originales ou copies attestent de l’importance de cette culture néolithique ainsi que de son étendue géographique couvrant toute l’Eurasie. De vitrine en vitrine se succèdent ossements d’espèces disparues, petites figurines animalières scrupuleusement sculptées sur os ou ivoire, silhouettes humaines gravées sur des outils et l’extraordinaire « Homme-Lion » d’une trentaine de centimètres, vieux de 35 000 ans et qui laisse supposer l’existence d’une mythologie archaïque…
Ossements d'animaux,objets et statuettes (dame de Brassempou 25 000 d'âge, Homme-tigre 35000)
Viennent ensuite les deux vedettes de l’exposition « Un temps de Mammouth, portrait d’un géant disparu » : le squelette reconstitué os par os d’une femelle mammouth de 20 000 ans d’âge et 4m de long, flaquée de la réplique grandeur nature d’un bébé mammouth laineux de 6 mois !
Mammouths
Quelques jours après ce n’étaient plus des milliers d’années que nous allions côtoyer mais des milliers de kilomètres grâce à la simulation d’un décollage spatial en direction de la Lune à la Cité de l’Espace. La fusée Ariane 5 est toujours là pour nous accueillir du haut de ses 55m, mais pas plus que la station orbitale Mir, ou les Planétariums et les zones thématiques elle ne retient notre attention ce jour. Nous sommes impatientes de découvrir le nouveau bâtiment LuneXplorer et l’expérience du décollage et alunissage depuis la capsule immersive prévue à cet effet
Fusée Ariane - Bâtiment LuneXplorer (hall d'entrée, capsule immersive)
Avant d’accéder à l’aire expérimentale nous parcourons la salle d’exposition où se trouvent les maquettes des fusées ayant permis aux hommes d’aller fouler le sol lunaire : Apollo 11 (1968) et Apollo16 (1971). Il y a aussi grandeur nature les « scaphandres » des cosmonautes et leurs outils pour prélever cailloux et sol lunaires. La maquette du module prévu pour le retour des terriens sur la Lune est là elle aussi. Elle fait partie du programme international Artémis piloté par la NASA qui fera de la Lune la base des futures missions sur Mars.
Maquettes Apollo 11 et 16 - Capsules spaciales NASA - Scaphandre cosmonaute 1971
Dans la capsule immersive de LuneXplorer le tableau de bord pour chaque cosmonaute indique, entre autres données, vitesse, temps, distance et par écrans interposés les paysages enregistrés par les caméras lors des vols spatiaux se dévoilent au fur et à mesure de l’immersion. La notion d’espace-temps se concrétise au fur et à mesure de l’accélération et décélération !
Effet sensoriel garanti !
Bibliographie :
Fascicule Sites Touristiques Ariège (grotte du Mas d’Azil)
Recherche I.A. « Cité de l’Espace »
Crédits photos :
Personnelles et pages Web
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_913a87_entree-grotte.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_35b568_sortie-grotte.jpg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_7d8261_dinosaures.png)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_6cab3a_tyrannosaures.png)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_5ff6c3_empreintes200-000millions-ans.png)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_9ef4e1_hologrammes.jpg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_e608d7_muse-e.png)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_f1bcc1_cra-ne-magdale-nien.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_a75afb_ba-ton-perce.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_aa6eab_aurochs-grave-s.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_2337f4_homme-gravure.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_efb072_homme-sculpture.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_85384c_galets-aziliens.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_1f6796_coquillages.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_38d345_de-tail-faon.png)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_9efa8b_propulseurfaon.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_03f99a_chrono.png)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_a416ed_grottes-abris-d-aurignac.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_246018_faune.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_6c9704_dents-de-mastodonte.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_552204_figurines-et-gravures.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_f847f9_la-dame-de-brassempou25000y.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_e64b21_homme-lion35000.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_25974d_2-mammouths.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_3a3d68_mammouth-laineux.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_f9194f_ariane.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_fa96e7_ba-timent-lunexplorer.png)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_be2cfa_hall-d-entre-e.png)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_45dee1_cabine-immersive.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_e6420f_maqapo16.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_043f08_maqucapsapo16.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_853179_maquette-apollo11-1968.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_4dd417_maquette-de-la-capsule-spatiale.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_4e2679_scaphandre-spatial-apollo.jpeg)
/image%2F1528033%2F20251112%2Fob_b7b8a1_tableau-de-bord.png)